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La Cour d’appel de Paris a ordonné lundi soir la reprise des traitements pour Vincent Lambert, quelques heures après que le CHU où il était hospitalisé a entamé la procédure de fin de vie. De Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, à Philippe de Villiers, les réactions de politiques sur la toile ont été nombreuses.

Lundi soir, la Cour d’appel de Paris a finalement relancé l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert, ce tétraplégique en « état de conscience minimal » dont le corps médical, avec certains membres de sa famille, avaient entamé l’arrêt des soins. Une décision de justice qui n’a pas manqué de faire réagir la classe politique.

L’ancien ministre, aujourd’hui écrivain, Philippe de Villiers, voit la reprise des soins comme une « magnifique victoire ». Il qualifiait encore hier la décision des médecins comme une euthanasie voire une mise à mort. Aujourd’hui, il se rend compte qu’il y a bien un « sursaut de civilisation dans un milieu politique presque entièrement gagné à la barbarie ».

Magnifique victoire : la Cour d’appel de Paris interdit la mise à mort de #VincentLambert qui était condamné à mourir de faim et de soif. C’est un sursaut de civilisation dans un milieu politique presque entièrement gagné à la barbarie.

— Philippe de Villiers (@PhdeVilliers) 21 mai 2019

Quant à Stéphane Ravier, président du groupe RN au conseil municipal de Marseille, il a déclaré ce mardi sur le plateau de franceinfo que Vincent Lambert n’était pas en fin de vie mais seulement « handicapé lourd ». Il ne mérite pas d’être « assassiné ». Stéphane Ravier est heureux « pour lui et ses parents ».

« On ne parle pas de je ne sais quel procès ou je ne sais quel match de football, ça m’a profondément choqué ». Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, s’est offusqué, ce matin au micro de franceinfo, après la réaction des avocats des parents de Vincent Lambert, opposés à l’arrêt des soins, qui ont « dansé et sauté au plafond » hier soir, allant jusqu’à qualifier leur victoire judiciaire de « remontada », expression généralement utilisée en milieu sportif. Didier Guillaume est personnellement pour l’arrêt des soins de Vincent Lambert : « Aujourd’hui, la dignité c’est de permettre de mourir dans la dignité justement. » Il qualifie la loi Léonetti de « faillite ».

Le président du parti chrétien-démocrate, Jean-Frédéric Poisson, s’était élevé hier contre l’arrêt des soins et s’interrogeait sur le niveau de « barbarie d’une civilisation incapable de protéger les plus vulnérables » dans une tribune pour Valeurs actuelles. Aujourd’hui, il a déclaré sur Twitter que « cette décision [de reprendre les soins] est juste » mais il reste « vigilant » puisque « ce n’est que provisoire ».

L’auteur de la loi sur la fin de vie et maire d’Antibes, Jean Léonetti, appelle aujourd’hui à la mesure. « Nous devons apprendre de Vincent Lambert à ‘penser la mort’, écrire nos directives anticipées et désigner une personne de confiance pour éviter que de pareilles situations ne se reproduisent » a-t-il déclaré dans un communiqué.

Encore hier, la classe politique était divisée au sujet de Vincent Lambert. Emmanuel Macron a refusé de s’en mêler assurant qu’il ne lui « appartient pas de suspendre une décision qui relève de l’appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois ». Marion Maréchal, directrice de l’Issep, a déclaré à Valeurs actuelles : « Ce n’est pas à nous de décider qui est digne de vivre ou de mourir, mais c’est à nous, en revanche, de prendre soin des plus faibles et dépendants d’entre nous. » Quant à la tête de liste LR François-Xavier Bellamy, il s’est alarmé au micro de Radio Notre-Dame de la mort programmée de Vincent Lambert, qu’il voyait comme « le sort de toutes les personnes handicapées, vieillissantes et dépendantes ». Bellamy s’est même attaqué à ceux qui veulent promouvoir l’euthanasie par le biais du cas Lambert : « Je trouve écœurant, scandaleux, vraiment scandaleux, qu’autour de cette situation infiniment éprouvante, nous voyions arriver tous ceux qui tentent de propager leur idéologie mortifère. » Marine Le Pen s’est interrogée sur la capacité de la loi Léonetti à imposer l’euthanasie d’une personne : « C’est une décision de justice qui condamne à la mort. »

Ce mardi, les parents de Vincent Lambert ont pu vérifier que les soins avaient repris. Ils ont demandé de le transférer dans une unité spécialisée « où il sera pris en charge de manière bienveillante par des spécialistes et non plus par ce CHU qui n’a fait de lui qu’un mort en sursis », a déclaré l’un des avocats des parents de Vincent Lambert, Me Jérôme Triomphe.  

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