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Le Figaro.- Quelles leçons tirez-vous, pour la France, de l’élection surprise de Donald Trump aux Etats-Unis ?
Jean-Frédéric Poisson : L’élection de Donald Trump est une bonne nouvelle s’il se confirme être un président moins interventionniste que ses prédécesseurs. Cette élection est la confirmation que les électeurs sont souverains face aux choix préfabriqués qu’on leur impose. Je me sens très à l’aise avec cette souveraineté populaire réaffirmée. Abandonnés partout, les classes moyennes et les corps intermédiaires se rebiffent. Ils reprennent le pouvoir aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et dans d’autres pays occidentaux. Pourquoi pas en France ?
Quelles sont vos mesures phares ?
La première, c’est le rétablissement de la famille au cœur des politiques publiques. Je demande aussi le rétablissement du service national universel et obligatoire d’une durée de dix mois, à la fois dans un but de cohésion sociale renforcé  et pour permettre l’accès des jeunes générations à l’économie. Nous devons également reconstituer notre outil de défense et de diplomatie, avec un budget à hauteur de 2,5% du PIB -ce qui était le cas en 2002-, et le renforcement de la francophonie, outil de présence diplomatique et commerciale très important. Il faut encore recentrer l’Etat sur l’ensemble de ses fonctions régaliennes, et alléger le poids des règlementations qui pèsent sur les corps intermédiaires que sont les familles, les entreprises, les associations et les territoires.
Et sur l’Europe ?
Je plaide pour une remise à plat de l’ensemble des traités européens depuis Maastricht. L’Europe est devenue un espace de libre échange dans lequel les enjeux de civilisation et les objectifs politiques sont relégués au second plan. Il faut aller vers une Europe des Etats nations centrée sur des projets, pas sur des institutions. Il faut rétablir les frontières nationales tout en renforçant les moyens de Frontex aux frontières extérieures. Il faut aussi redonner à notre agriculture sa vocation initiale qui est d’assurer l’indépendance alimentaire de la France.
Qu’est-ce qui vous différencie des autres candidats à la primaire ?
Je suis le seul nouveau à cette élection. Le renouveau, en réalité, c’est moi ! Il y a deux candidats à cette élection : d’un côté l’ex gouvernement Sarkozy, et de l’autre, moi.
Sur le projet en tant que tel, je suis souverainiste, les autres ne le sont pas. Je suis conservateur sur les sujets de société, ils ne le sont pas. Je ne suis pas un ultra-libéral. Je défends une vision de la France, et je pense que c’est le rôle du chef de l’Etat : les autres candidats proposent eux des catalogues de mesures techniques qui relèvent du chef du gouvernement ! Ce n’est pas à la hauteur des enjeux actuels, qui ne sont pas des enjeux de gestion, mais des enjeux de civilisation. »
Quelle est votre conception de l’identité ?
Je milite pour l’introduction dans la Constitution des racines chrétiennes de la France. L’identité française est culturelle. Ce qui veut dire que notre conception du droit est universaliste, que nous portons  la même attention à tout le monde, que la fraternité et la dignité s’adressent à tous.  La réaffirmation des racines chrétiennes de la France et la stricte observation de la laïcité sont le cadre indispensable qui garantit la possibilité et l’efficacité du dialogue avec les musulmans pacifiques. 
Faut-il interdire le voile à l’université ?
C’est extrêmement dangereux. Je comprends les craintes de ceux qui le souhaitent. Mais je ne sais pas écrire le texte dans lequel on interdirait un vêtement religieux et pas un autre. En revanche, je souhaite que nous soyons très fermes face aux tentatives  de certains musulmans d’imposer leur religion, dans un non-respect absolu des lois de la République.
La loi sur le mariage pour tous doit-elle être abrogée ?
Bien sûr, et le plus tôt possible. Compte tenu des dangers qu’elle emporte sur la filiation et sur la marchandisation des enfants, c’est une loi dont je n’imagine pas le maintien. Elle affaiblit le mariage comme institution, l’accès à la filiation, et annonce l’arrivée des mères porteuses. Je suis le seul à vouloir son abrogation.Tous les autres candidats sont victimes de l’effet de cliquet : la loi est légitimée par le simple fait qu’elle existe. Ce que je n’accepte pas.
De quel candidat vous sentez-vous le plus proche sur le plan des idées ?
En apparence François Fillon. Mais il a sur le plan économique une vision radicalement différente de la mienne. Il est devenu très libéral, il revendique une référence à Margareth Thatcher que je récuse, il est persuadé que le retour aux 39 heures est la clé économique, tout ce que je ne crois pas … Sur le plan européen, il a oublié qu’il a été souverainiste et anti Maastricht. Je considère que je suis le seul vrai héritier de Philippe Séguin dans cette campagne des primaires, comme souverainiste et gaulliste social.
Et vis-à-vis du Front national ?
J’ai un désaccord profond avec le FN sur la peine de mort, sur sa vision laïcarde de la société, sur la manière dont il envisage de recentraliser l’éducation nationale en ignorant l’enseignement libre. Pour ces raisons je considère le FN comme un adversaire politique, même si certaines des alertes qu’il lance doivent être entendues.
Que pensez-vous d’Emmanuel Macron ?
Il a assassiné Manuel Valls, et il sera le seul homme de droite libérale dans la primaire de gauche. 

 

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