Les députés entament mardi après-midi le marathon du projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels,

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un débat qui devrait durer quinze jours et voir s’opposer frontalement majorité et opposition qui se sont déjà mesurées dans la rue. La discussion démarrera peu après 16H00, après la séance des questions au gouvernement. L’opposition a soigneusement fourbi ses armes: plus de 5.000 amendements déposés, alors que les socialistes ne vont en aligner que deux, et les écologistes onze. L’UMP déposera aussi trois motions de procédure dont une exigeant un référendum sur la question du mariage homo. … A l’exception de quelques parlementaires UMP, tels Franck Riester et Benoist Apparu, qui se sont déclarés favorables au mariage gay, et, à l’inverse, de trois ou quatre députés PS, qui pourraient ne pas voter le texte, les positions sont tranchées. Avec le gouvernement, les députés de gauche pensent qu’il faut ouvrir aux couples homosexuels et à leurs enfants les mêmes droits qu’aux familles hétérosexuelles. L’opposition de droite en revanche affirme qu’un enfant ne peut se construire normalement qu’avec des parents de sexe différent. Les débats commenceront par les discours de Christiane Taubira, garde des Sceaux, et sans doute de Dominique Bertinotti, ministre de la Famille. Suivront ensuite les interventions des différents rapporteurs, dont celui du projet de loi, le socialiste Erwann Binet. Avant la discussion générale prévue pour durer six heures et qui devrait donc se poursuivre jusqu’à mercredi, l’opposition présentera une motion de rejet préalable, défendue par l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, puis une motion de renvoi en commission défendue par Jean-Frédéric Poisson, proche de Christine Boutin. La motion référendaire, présentée par Laurent Wauquiez, qui nécessitera la présence dans l’hémicycle des 58 signataires (le 10ème des députés), pourra pour sa part être présentée à tout moment avant la fin de la discussion générale. Les orateurs du groupe UMP sont le députés Hervé Mariton et Philippe Gosselin, tous deux membre de l’Entente parlementaire pour la Famille.
Pour faire face à l’opposition, les députés de la majorité ont d’ores et déjà organisé des « tours de garde » dans l’hémicycle pour éviter tout incident grave comme celui qui avait eu lieu lors de la discussion du Pacs, en 1998. Les députés PS, trop peu nombreux en séance, avaient permis à l’opposition de faire passer une motion d’irrecevabilité. Par mesure de prudence, le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a même prévu d’être au « perchoir » durant toutes les séances sur le mariage gay.
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