Classiquenews : « La culture est trop sérieuse pour la confier à l’Etat ».

Retrouvez mon interview sur la culture pour Classiquenews.com dans le cadre de la primaire – 13 juin 2016

 

Quelles sont les valeurs que la Culture doit préserver et transmettre ?

– La culture doit d’abord transmettre les valeurs de l’autonomie de l’esprit et de l’élévation de l’âme.

Être cultivé, se cultiver, cela veut dire acquérir un certain nombre de connaissances qui permettent de se constituer dans une large mesure son propre univers, sa propre référence et d’appréhender le monde d’une manière autonome. C’est ça qui me paraît le plus important.

La culture doit transmettre la valeur du beau. J’apprécie la culture et je lui reconnais un très grand intérêt quand elle donne à voir ce qu’il y a de plus beau et de plus grand dans l’humanité. Cela ne veut pas dire qu’elle doit ignorer les bassesses ou les choses plus laides. Mais en tout cas, moi qui suis défenseur de la paix des esprits et de l’harmonie, il me semble que seule la beauté peut réconcilier les hommes en réalité. Si la culture n’y vise pas, alors je pense qu’elle rate une de ses finalités essentielles.

De quelle façon, la Culture peut-elle jouer un rôle sociétal ?

– L’Homme ne peut pas vivre sans et c’est la première différence entre les hommes et les animaux. L’homme est le seul animal cultivé, étant donné que c’est le seul animal qui soit intelligent, qui soit raisonnable comme disait le grand Aristote. Étant le seul animal doté d’un esprit, la manière dont il entretient son esprit, c’est la Culture. Et elle revêt des formes extrêmement variées. Je pense que la manière de jouer fait partie de la culture, que la cuisine fait partie de la culture. Je pense que la façon dont on envisage la société familiale fait partie de la culture et bien entendu l’ensemble des arts, mais pas seulement. Et au fond, la présence dans le corps social de l’expression artistique, de la mise en valeur des artistes, de la défense de leur liberté de créer avec des limites mais avec une liberté de créer, tout ça fait partie des manières dont la culture doit être présente au sein du corps social. Et je n’oublie pas l’enseignement artistique à l’école qui me paraît être un des parents extrêmement pauvre aujourd’hui de l’éducation des enfants, des collégiens et des lycéens.

Existe-t-il une politique culturelle exemplaire, pour quelles raisons ?

– Dans les anciens régimes, les monarques ont traité le phénomène culturel de façon intéressante : on trouve une forme d’équilibre entre la nécessité de propager un message officiel – tous les pouvoirs politiques ont utilisé à cette fin la culture, comme un outil de politiques publiques – et en même temps le recours quasi systématique au mécénat, c’est-à-dire le fait de laisser les personnes qui avaient les moyens soutenir les artistes, encourager la création parfois contre le pouvoir politique ou dans une véritable opposition de messages ou de régime. Ça c’était une manière qui était intéressante et équilibrée. Et quand on regarde les fruits des siècles antérieurs en terme de réflexion culturelle dans tous les domaines que ce soit la littérature, la poésie, l’architecture, la peinture, la sculpture pourquoi pas la photographie et le cinéma même pour venir à des temps plus récents, il me semble qu’effectivement nous avons dans les régimes précédents des exemples de ce que peut être une politique culturelle réussie. Ce qui est regrettable, c’est qu’on entend aujourd’hui trop souvent le mot culture comme restreint à la diffusion artistique, mais dans une culture, il y a aussi une langue, il y a aussi la spiritualité, la manière dont on vit ensemble. La société matrimoniale fait partie de la culture au sens large d’un pays. Les modes de vie, tout cela constitue une culture avec un grand C si j’ose dire et pas seulement une politique culturelle : la culture ne se réduit pas à la politique culturelle. Et c’est je crois un des grands écueils de notre temps.

Êtes-vous pour la suppression du Ministère de la Culture ?

Il y a deux impératifs : le premier est que l’État se recentre sur sa première responsabilité en terme de politique culturelle, qui est de protéger et transmettre le patrimoine, et qu’il laisse le soin aux autres acteurs de s’occuper de la diffusion culturelle, de la création. Il me semble qu’en confiant la diffusion culturelle à un ministère qui en est chargé, nous vivons quasiment sous le régime d’une forme de culture officielle dont il est en réalité malvenu de s’écarter. Cela participe de mon point de vue à la prolifération de la pensée unique. Et je pense qu’il faut absolument rompre avec cette tradition. Si on veut faire en sorte que l’expression artistique, la création artistique continuent de vivre dans notre pays, alors il faut d’abord protéger les artistes et leur donner un statut qui soit compatible avec les aléas de la création.

Sous ce rapport, le régime des intermittents n’est pas un mauvais régime. Ce qui est délétère dans le régime des intermittents, ce sont les abus de ce régime. Ce n’est pas le principe même, c’est la manière dont un certain nombre de personnes en abuse. Et comme d’habitude, malheureusement, c’est une mauvaise habitude française : pour ne pas avoir sanctionner ceux qui abusent de manière sèche et très dissuasive, on en vient à remettre l’ensemble du système en cause en considérant que d’une certaine manière, il faut supprimer le bébé avec l’eau du bain. Ce n’est évidemment pas la bonne solution. Les artistes pour beaucoup d’entre eux, ne peuvent pas vivre aujourd’hui de leur création ou de leur activité. Nous avons besoin que ces personnes soient accompagnées dans ce hasard des temps, le hasard des prestations qu’ils peuvent faire, le temps de la création qui est nécessaire pour trouver à la fois l’inspiration, le temps de la réalisation, de la diffusion, le fait de gagner leur vie avec ça. Après tout, c’est la grandeur d’une société que de permettre à ses artistes de vivre de leur production et de leur création. Ça il faut le maintenir, le statut des intermittents, sous ce rapport doit être protégé. Il n’y a pas besoin d’un ministère pour ça. Le statut des intermittents, ce sont les partenaires sociaux qui s’en occupent, ils le gèrent comme des grands, comme ils peuvent mais de manière autonome et c’est très bien ainsi. Je le répète, dès qu’on trouvera des mécanismes plus incitatifs pour les mécènes, que ce soit des personnes physiques ou des personnes morales, pour financer des forces de création, on n’aura plus besoin de recourir à la parole d’un État, qui doit distribuer des agréments, vérifier que tous les papiers sont disponibles, faire entrer la création dans une forme de circuit administratif antinomique avec l’idée même de la création artistique.

Cette antinomie, comment le ministère de la culture en sort-il  ? En soutenant les amis, en nommant des gens dont on a connaissance. Si vous parlez un peu avec quelques intermittents du spectacle, un statut que je connais bien, vous verrez que ce sont souvent les mêmes qui sont invités dans les bons endroits, que l’on se nomme par coterie dans les postes à responsabilité dans les théâtres nationaux et les établissements publics. Je pense qu’il faut sortir de ça. Je pense qu’il faut maintenir le statut des intermittents et assouplir la possibilité pour les mécènes de soutenir la création artistique. Ça permettra à l’État de se désengager de cette création et de se recentrer sur la protection de notre patrimoine artistique et culturel national.

Les contribuables peuvent considérer qu’ils n’ont pas à financer des choses de cette nature. Personne n’a les moyens d’entretenir Notre-Dame de Paris, le Château de Versailles, la Tour Eiffel, le Canal de Briare ou je ne sais pas encore quel édifice ou quel élément du patrimoine national. Il est très suffisant qu’une direction centrale ou un secrétariat d’État au patrimoine auprès du Premier ministre soit nommé pour faire ça, nous n’avons pas besoin d’un ministère de la culture qui a trop tendance à devenir un ministère de la propagande. C’est ce que je lui reproche.

[…] Le ministère de la culture a un budget de soutien à la création de 58 milliards d’euros. Si vous transférez ce budget de soutien à la création depuis les impôts payés par les Français, parce que ce sont des impôts qui financent tout ça, vers le budget d’un certains nombre de personnes, de mécènes privés, il y a tout à fait moyen de trouver des dispositifs supplétifs pour faire en sorte que ces créations et ces différents programmes soient soutenus.
Il y a suffisamment d’intervenants dans le pays et suffisamment de mécanismes qui pourraient permettre effectivement de soutenir l’aide à la création et à la diffusion.Sur le reste, je ne crois sincèrement pas qu’il faille absolument un ministre pour servir de tutelle au directeur général de l’institut national de l’audiovisuel, je ne crois pas d’un ministre pour être la tutelle des présidents de chaînes de télévisions publiques ou de chaînes de radio. Je ne crois pas à tout ça. Cela ne sert à rien. Donc si ça ne sert à rien, il faut le supprimer.

« Ne pas transiger sur les sujets essentiels » – Dossier dans le magazine France catholique

couverture france catholique

Dossier sur ma candidature à la primaire
dans le nouveau numéro de France catholique

Dans son numéro de cette semaine, France catholique donne une large place à ma candidature à la primaire et à mon projet, ainsi qu’à la sortie de mon livre « Notre sang vaut moins cher que leur pétrole – La France à l’épreuve du Moyen-Orient. »

Vous pouvez accéder à la version  numérique du magazine en cliquant ici (la partie qui me concerne se situe p 8 à 14) :

Vous pouvez aussi accéder directement à l’interview que j’ai donnée et à l’article sur mon livre « Notre sang vaut moins cher que leur pétrole ».

Bonne lecture à tous !

INTERVIEW POUR FRANCE CATHOLIQUE

Vous n’étiez pas très favorable à la Primaire avant de vous y présenter…

La primaire ouverte de la droite, à laquelle je n’étais en effet à l’origine pas très favorable, offre finalement une opportunité rare  : celle de permettre au vote de conviction de peser.

Comment  ?

Le corps électoral est estimé à 3 millions d’électeurs (ce qui est loin des 44 millions pour la présidentielle). Si 300 000 personnes se mobilisent pour désigner le 20 novembre le candidat des convictions de droite, c’est un score de 10 % qu’il est possible de faire.

300  000 électeurs… N’est-ce pas raisonnablement faisable quand on sait le plus d’un million de manifestants qui s’est déplacé avec pugnacité dans les rues pour dénoncer la tromperie du mariage pour tous et refuser les dérives quant à la filiation  ? Voilà ce qui m’a décidé à poser ma candidature.

Votre statut particulier peut faire des jaloux…

Comme président du Parti chré­tien-démo­crate, je n’ai pas eu besoin des parrainages exigés pour les autres candidats qui émanent tous, eux, du parti Les Républicains. Si certains ne comprennent pas cela, qu’ils s’adressent à ceux qui ont écrit la règle de cette primaire…

Ce qui fait ma différence comme candidat, c’est que… Lire la suite sur le site de France catholique.

« Le Brexit, un électrochoc salutaire pour refonder l’Europe » – Tribune pour le Huffington Post

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Retrouvez ma tribune pour le Huffington Post :

« Le Brexit, un électrochoc salutaire pour refonder l’Europe »

« Une fois le Royaume-Uni parti de l’Union européenne, quelles seraient les conséquences ?

Les économistes rivalisent de prévisions catastrophiques. En réalité, les conséquences économiques d’une sortie de l’UE pour le Royaume-Uni sont, à proprement parler, inestimables. On peut bien sûr imaginer des secousses sur les marchés financiers, un relatif appauvrissement de la monnaie britannique sur les marchés des changes, des perturbations sur le marché du travail anglais et une timidité temporaire des investisseurs américains qui se servaient jusqu’ici de Londres comme porte d’entrée des marchés européens. De telles secousses auraient probablement des effets néfastes sur la santé des économies européennes. Mais le Royaume-Uni n’étant pas dans la zone Euro, ces effets s’en trouveront sans doute amoindris. Alors, en vérité, qui est en mesure de chiffrer précisément ces différents éléments ? Personne, évidemment.

En revanche, sur le plan politique, les conséquences seraient clairement visibles et, pour tout dire, fort intéressantes. La faillite de la construction européenne de Maastricht est devenue évidente. Son … Lire la suite sur le site du Huffington Post.

Revue de presse autour de mon livre « Notre sang vaut moins cher que leur pétrole »

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Vendredi 24 juin : article dans France catholique : « La crise au Moyen-Orient reflète les faiblesses de la France ».

Jeudi 23 juin : Article dans valeurs actuelles : le « J’accuse » de Jean-Frédéric Poisson. VALEURS_ACTUELLES-1

Mercredi 22 juin : Présentation du livre en direct sur LCI.

Mercredi 22 juin : Article dans 78 actu : « La France et le Proche-Orient vus par Jean-Frédéric Poisson. »

Mardi 21 juin : Présentation du livre « Notre sang vaut moins cher que leur pétrole » sur Medias-Presse-Infos

Dimanche 19 juin : Rubrique « Les bonnes feuilles » sur Atlantico « Martyre des chrétiens d’Orient : des prêtres orthodoxes racontent s’être sentis abandonnés par des forces censées les protéger »

Vendredi 17 juin : Présentation du livre sur LCP dans l’émission « Ca vous regarde » « Daech, un géant aux pieds d’argile ? »

 

« Notre sang vaut moins cher que leur pétrole » – Sortie de mon livre sur les chrétiens d’Orient

Ce 23 juin en librairie, parait mon livre « Notre sang vaut moins cher que leur pétrole – la France à l’épreuve du Proche-Orient ».

Ce livre peut aussi être commandé en ligne sur le site de l’éditeur.

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« Notre sang vaut moins cher que leur pétrole » : c’est ce que me disait au mois de juillet 2015 le patriarche syriaque orthodoxe de Damas.

La France se montre d’un silence et d’une indifférence coupables face au sort réservé aux chrétiens d’Orient. Vice-président du groupe d’études sur les chrétiens d’Orient à l’Assemblée Nationale, président de la mission d’information parlementaire sur les moyens matériels et financiers de Daech, je ne cesse d’alerter sur les persécutions qu’ils subissent et sur l’attitude irresponsable des pays occidentaux.

J’ai effectué de nombreux déplacements au Moyen-Orient et en Afrique depuis un an. Turquie, Maroc, Syrie, Liban, Egypte, Irak, Libye… A chaque fois, j’ai rencontré des chrétiens en grande souffrance, j’ai visité des camps de réfugiés, je me suis entretenu avec des hauts responsables politiques et religieux.

Pouvoir parler avec les personnes en situation de responsabilité sur le terrain et non pas depuis les sièges de parti politique ou des plateaux télévisés : tel était mon objectif car c’est seulement ainsi que nous ferons changer les choses.

Dans cet ouvrage, je dénonce la soumission de la France aux monarchies pétrolières et son aveuglement sur la situation des chrétiens d’Orient. Je propose en contrepartie une diplomatie nouvelle et ambitieuse.

La thèse de ce livre, c’est que la crise au Moyen-Orient reflète les faiblesses de la France. « Voir la France évoluer au Proche Orient aujourd’hui, c’est la voir dans toutes ses faiblesses, sans doute davantage que dans ses talents (…) Nous nous trouvons, aujourd’hui, dans la pire des situations : celle d’être devenus impuissants à éteindre sur nous-mêmes cet incendie proche-oriental, alors que d’autres « traitent » sans nous dans la défense de leurs propres intérêts. (…) En soutenant et en affichant, sans réserve, comme des alliés, les positions des monarchies pétrolières du Golfe, la France a clairement perdu son influence et son crédit dans cette partie du monde. »

Il est temps de regarder les choses en face et de dire la vérité : les choix que nous faisons actuellement en matière d’alliances internationales ne sont pas respectueux des valeurs que nous voulons porter. Nous devons nous lever en masse pour que les chrétiens puissent vivre, vivre en paix, vivre rester chez eux. L’objectif politique ultime que nous devons poursuivre aujourd’hui doit être prioritairement de permettre aux chrétiens d’Orient de vivre sur leur territoire. La France ne peut rester sourde aux massacres des chrétiens d’Orient et d’Afrique. Leur protection fait partie de ses missions internationales, de sa vocation même.

Primaire de la gauche : le coup de pied de l’âne aux institutions

La primaire socialiste est peut-être une bonne nouvelle pour le PS. Elle ne l’est pas pour nos institutions : elle est le coup de pied de l’âne de François Hollande à la fonction présidentielle.

Jamais un Président n’aura autant affaibli la fonction présidentielle.
Dans le contexte de chaos, de tensions et violences qui accablent notre pays, on aurait pu penser ou du moins espérer que François Hollande se concentrerait sur sa tâche de Chef de l’Etat pour les quelques mois qui lui restent.

Las : malgré l’incapacité inouïe à gouverner que montre l’actuel Chef de l’Etat, et sa perte totale de légitimité même au sein de son propre électorat, le Président de la République française sera donc pendant quelques semaines candidat à la primaire d’un parti politique.
C’est le seul moyen qu’a trouvé le patron du PS pour faire remonter son Président sur son cheval. Et c’est un renoncement de plus à une des énergiques promesses du candidat Hollande : ne jamais se mêler de la vie politique partisane…

Si cette perspective n’avait d’effet que sur le Parti socialiste, on pourrait en rire. Mais la bataille promet d’être rude, sinon violente, entre l’aile gauche frondeuse des socialistes et François Hollande.
Si François Hollande perd cette consultation, il devra gouverner la France pendant encore quatre mois entiers en ayant définitivement tout perdu. On me dira que ce dernier naufrage ne changerait pas grand-chose à la situation actuelle, marquée par une faiblesse sans précédent et de l’autorité et du pouvoir présidentiel : du moins le Président pourrait-il se donner l’obligation de préserver les apparences, et de ne pas ajouter le mal au mal.

Si François Hollande la gagne, il aura pendant quelques semaines au moins exposé de façon plus qu’imprudente la fonction présidentielle à ce qui promet d’être une authentique bagarre de rue. C’est en effet son bilan qui sera attaqué, et son style. En gagnant, François Hollande aura peut-être préservé ses chances de remporter l’élection présidentielle. Il aura définitivement abîmé la fonction qu’il occupe, alors que, en tant que garant des institutions, il aurait dû d’abord se préoccuper de la protéger.

Cet épisode est une marque supplémentaire du mépris affiché par François Hollande à l’égard de la France et de ce qui la constitue. Elle est la preuve qu’il n’a jamais été préoccupé par autre chose que la volonté de conserver un pouvoir qu’il incarne pourtant si mal. Le pouvoir présidentiel si esquinté doit être réformé dans un double sens.

Premièrement, la primaire socialiste supprime une année au quinquennat. Deuxièmement, elle prouve que l’obsession d’être réélu est décidément une maladie grave et dangereuse pour le pays. Il est donc nécessaire d’établir dans la Constitution le septennat unique, seul susceptible de redonner du temps politique aux réformes et de préserver le pays des pires intentions égoïstes. Cette réforme est urgente et nécessaire. Elle fait partie de mon projet pour la France. La primaire socialiste en démontre la pertinence : c’est sans doute le seul avantage de cette consultation.

« En France, une GPA… en un coup de fil ! » – Témoignage pour Aleteia.

« Le député des Yvelines Jean-Frédéric Poisson saisit la justice contre une société qui rend la gestation pour autrui accessible dans notre pays. »

 

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Il est aujourd’hui possible, en France, de commander un bébé qui naîtrait d’une mère porteuse… en passant un simple coup de téléphone ! C’est ce qu’affirme Jean-Frédéric Poisson. Il nous en a fait la démonstration en appelant devant nous une société canadienne qui dispose d’une antenne en France. En se faisant passer pour un homosexuel à la recherche d’un bébé, un jeune homme de l’équipe du député a demandé le détail des prestations et a obtenu un devis chiffré, pour un hypothétique bébé qui serait conçu en Ukraine.

Un bébé garanti « sans handicap »

La conversation avec la téléopératrice est surréaliste ! Lorsqu’on lui demande s’il est possible de choisir une personne du même niveau social et d’éviter les handicaps, voire les « becs-de-lièvre », elle répond systématiquement par l’affirmative. Concernant le risque de voir la mère porteuse se rétracter et refuser de donner le bébé qu’elle a porté aux parents adoptifs, elle affirme que le « programme » est parfaitement verrouillé de ce côté-là. D’une part, aucun argent ne sera remis à la mère porteuse si elle se rétracte, et d’autre part, « la loi ukrainienne privilégie toujours les parents plutôt que les mère porteuses ».

Hypocrisies en cascade

Les autorités françaises ne réagissent pas devant ces pratiques qui tombent pourtant sous le coup de la loi et dont l’existence est avérée. Jean-Frédéric Poisson saisit donc le procureur de la République contre cette société canadienne qui dispose d’un bureau à Paris. « Nous le savons depuis longtemps, assure-t-il, toutes les facilités sont faites en ce sens », et il dénonce le double langage des députés qui affirment « la main sur le cœur » qu’il n’est pas question de légaliser la gestation pour autrui (GPA), mais qui, dans le même temps refusent de voter en faveur d’un projet de loi qui permettrait d’inscrire, sans ambiguïté, l’interdiction de la GPA dans la Constitution. Ce dernier projet, lancé par Philippe Gosselin (LR) et Valérie Boyer (LR), rencontre en ce moment même une forte résistance à l’Assemblée nationale.

« Une course effrénée vers un nouvel esclavagisme »

Malgré l’interdiction des mères porteuses en France, plusieurs centaines voire milliers de couples y ont déjà eu recours, participant à ce que le député des Yvelines qualifie de « course effrénée vers un nouvel esclavagisme ». Elle donne désormais lieu à des concurrences sordides : récemment, la Thaïlande a pris des « parts de marché » à l’Inde, en proposant les services de mères porteuses moins chères… « On arrive au bout d’une logique entamée avec la loi bioéthique 1994, explique le député. À partir du moment où l’on a validé la réduction embryonnaire, on a validé la mécanique eugénique qui trouve son expression quasi parfaite dans la pratique des mères porteuses. »

Interview pour Atlantico : « L’Eglise n’est pas un lobby ! Je m’oppose à la loi Sapin 2. »

atlantico_logo31- Vous avez fait savoir que vous ne voteriez pas la loi Sapin 2 sur la transparence et la lutte contre la corruption. A quelles dispositions précises de ce texte êtes-vous plus particulièrement opposé ?

Plusieurs dispositions de ce texte me dérangent.
Tout d’abord, je me demande si l’article 12 de la déclaration universelle des droits de l’homme, qui dispose que « Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation », est vraiment respecté avec les nouvelles mesures concernant les lanceurs d’alerte. Il a en effet été décidé dans ce projet de loi qu’une définition plus large serait donnée du « lanceur d’alerte » (article 6A). Elle n’est désormais plus limitée aux seuls cas de corruption. De plus, un amendement du rapporteur prévoit de sanctionner toute divulgation de l’identité d’un lanceur d’alerte. Ce que je crains, c’est que ceci soit la porte ouverte à des dérives, des accusations en tout genre, parfois abusives. Attention à ce qui se profile : un système où la dénonciation gratuite serait possible avec tous ses effets, alors même qu’il n’y aurait pas de responsabilité de celui qui a dénoncé sans preuve !
Ce texte impose aussi une obligation pour les entreprises et les collectivités de se doter de procédures internes permettant de recueillir des alertes. Ne pensez-vous pas que les entreprises et les collectivités ont d’autres problèmes plus graves et plus importants à gérer ?

De plus, ce projet de loi veut contraindre les grandes entreprises à divulguer des informations stratégiques (chiffre d’affaires, bénéfices, impôts payés, nombre de salariés) pour chacune de leurs implantations. Une fois de plus, on veut être les bons élèves. Quelle candeur ! Cela entamerait la compétitivité des entreprises françaises, leurs concurrentes étrangères ayant accès à ces données stratégiques. Autant se tirer une balle dans le pieds…
Enfin, ce Projet de loi présente les associations à objet cultuel comme des représentants d’intérêt, des lobbys en somme. C’est inacceptable.

2- Que changerait concrètement pour l’Eglise catholique, par exemple, le fait d’être considérée comme un « lobby » ? Dans quelle mesure ces nouvelles obligations de transparence sont-elles susceptible de lui nuire ?

Une des conséquences pratiques serait que l’Eglise et les autres associations cultuelles seraient tenues comme tout lobbyiste de transmettre chaque année à l’administration le bilan de leurs activités de «lobbying» ! Voilà donc une nouvelle mesure restrictive en matière de liberté. Sauf à considérer que toute religion serait un poison potentiel, ce qui n’est pas sans rappeler quelques idéologies. Et la séparation de l’Eglise et de l’Etat, dans tout ça ?
Les conséquences au niveau social et au niveau symbolique seraient également dramatiques. Cela révèle en effet une vision profondément faussée et réductrice des cultes : le législateur n’arrive plus aujourd’hui à identifier les cultes autrement qu’au service d’intérêts particuliers.
Il va falloir que le gouvernement nous précise en quoi consisteraient ces intérêts particuliers ! Quel serait l’intérêt particulier d’un prêtre qui viendrait échanger avec un parlementaire sur l’euthanasie par exemple.
Si cette idée devait perdurer, alors se posera la question à ce gouvernement d’inscrire aussi la franc-maçonnerie sur la liste des lobbies, non ? Ce qui devrait en embarrasser plus d’un de demander un peu plus de contrôle sur les activités de ceux dont ils sont proches, très proches… À l’exemple de la Ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, qui s’est fait remettre une « médaille » des mains de la patronne de la Grande loge féminine de France le 2 avril dernier au Palais Brogniart !
La mission de l’Eglise est de contribuer à la réflexion pour permettre d’avancer vers le bien commun ! Cette décision du gouvernement de présenter les associations cultuelles comme des lobbies révèle un laïcisme de plus en plus radical à l’œuvre et son souhait d’anéantir de la sphère publique la liberté d’expression religieuse. Elle révèle aussi le désir du gouvernement de contrôler et d’affaiblir tout ce qui échappe à son pouvoir et à sa compréhension.

3 – Pourquoi faut-il, selon vous, lutter contre la dérive idéologique plus large dans laquelle s’inscrit ce projet de loi ? Et par quels moyens ?

Ce projet de loi incite, sous couvert de transparence, à développer un esprit de soupçon, de méfiance : à l’égard des entreprises, à l’égard des personnages publics, à l’égard des religions, à l’égard des parlementaires qui seraient toujours sous la coupe d’influences extérieures. Or je pense que c’est d’un esprit de confiance dont nous avons besoin pour affronter l’avenir aussi sereinement que possible.
Ce projet de loi permet à l’Etat de s’immiscer toujours plus dans tout. Or je considère que l’Etat doit se recentrer sur ses missions régaliennes. On le voit bien, il s’affaiblit à force d’être présent où il ne doit pas et de n’être pas présent où il doit l’être. Il suffit de voir les violences qui traversent notre pays et le manque de réponse réelle en face…
L’Etat passe beaucoup de temps à contrôler les initiatives personnelles, à endiguer les activités, à mettre des freins à tout ce qui peut être novateur, aux nouvelles manières de concevoir l’économie. Nous souffrons d’une forme d’asphyxie générale. Pour ma part, je suis persuadé que si on laisse aux Français, là où ils sont, dans leur famille, dans leurs associations, dans leur entreprise, dans leur territoire, la liberté dont ils ont besoin pour renouer avec la prospérité, ils trouveront eux-mêmes les moyens de le faire. Il faut simplement que l’Etat assure un cadre d’action, assure le respect de l’ordre public, assure le respect des libertés et permette à chacun de déployer sa créativité, son initiative, sa participation propre au bien commun. Cela veut dire que l’Etat doit récupérer sa liberté de décision et sa puissance.

Société proposant des GPA aux Français ; retrouvez ma saisine du Procureur de la République

Dans Politique Matin sur LCP aujourd’hui, j’ai dénoncé une société canadienne qui propose des GPA aux Français et a un bureau à Paris.

Retrouvez ici la vidéo de mon intervention.

J’ai saisi matin le Procureur de Versailles sur le sujet. Pour voir le courrier, cliquez,sur le lien suivant : Courrier Procureur versailles 21 06 2016

MonsieurVincent Lesclous
Procureur de la République de Versailles
Tribunal de grande instance de Versailles
3, avenue de l’Europe – 78011 Versailles cedex
A Paris, le 21 juin 2016
Aff. : Poisson / X
Objet : saisine article 40

Monsieur le Procureur de la République,

Je suis le Conseil de Monsieur Jean Frédéric POISSON, Député des Yvelines qui, en application des dispositions de l’article 40 du Code de procédure pénale m’a chargé de vous saisir des faits suivants :

Le lundi 20 juin 2016, mon client et plusieurs de ses collaborateurs ont constaté que le site internet « Canadian Medical Care » faisait la promotion de la pratique des mères porteuses, en proposant pour la somme de 25 700 euros les services d’une mère incubatrice.

Des tarifs plus élevés sont également pratiqués pour des prestations plus « complètes ». Je joins à la présente la capture de l’écran du site internet concerné.

Cette prestation est accessible depuis la France, par le biais d’un numéro de téléphone français : le 00 33 1 82 88 56 56.

A l’évidence, ce « service » contrevient gravement à la législation française.

En effet, les dispositions de l’article 16 du Code civil prévoient explicitement l’indisponibilité du corps humain, tout en rappelant que ces dispositions, au titre de l’article 16-7 sont d’ordre public.

Cette contravention formelle a encore été rappelée par le Monsieur le Secrétaire d’Etat en charge des relations avec le Parlement, Monsieur Jean-Marie Le Guen, à la tribune de l’Assemblée nationale le 16 juin dernier.

Pénalement, le législateur a choisi de sanctionner les fraudes à l’adoption et la provocation à l’abandon d’enfant. De même l’entremise en vue d’adoption et l’entremise en vue de la gestation pour autrui sont punies par l’article 227-12 du Code pénal.

L’article 227-13 du Code pénal incrimine en outre les substitutions volontaires, les simulations et les dissimulations entraînant une atteinte à l’état civil d’un enfant.

C’est donc au mépris de ces textes protecteurs de l’enfance, que par le biais de ce site internet et ce numéro de téléphone, des marchands d’enfants exercent leur commerce sur notre territoire.

Même si ce numéro de téléphone permet d’entrer en contact avec des interlocuteurs visiblement situés dans un pays étranger (en l’occurrence l’Ukraine), le simple fait qu’un service téléphonique situé en France lui permette accès est en tant que tel contraire à notre législation et à ses principes.

Tels sont les éléments que Monsieur Jean Frédéric POISSON m’a demandé de porter à votre connaissance.

Je vous saurai gré de bien vouloir me tenir informé des suites que vous entendez réserver à la présente sollicitation, et vous prie de croire, Monsieur le Procureur de la République, à l’expression de ma considération distinguée.

__________________
Antoine BEAUQUIER
Avocat à la Cour

GPA capture d'écran

« Daech, un géant aux pieds d’argile » – J’étais l’invité de « Ca vous regarde » sur LCP

JFP Daech LCP

En tant que président de la mission d’information  » portant sur les moyens dont bénéficie Daech » et auteur du livre :  » Notre sang vaut moins cher que leur pétrole », j’intervenais le 17 juin dernier dans l’émission « Ca vous regarde » sur le thème « Daech : un géant aux pieds d’argile ? »

Pour regarder l’émission, cliquez ici.

Après les assassinats à leur domicile d’un policier et de sa compagne par un homme se revendiquant de l’Etat Islamique, la menace terroriste en France a encore franchi un cap. Et pourtant, Daech recule sur tous les fronts.
Affaiblissement militaire, affaiblissement économique suite aux frappes aériennes de la coalition, certains experts américains estiment que l’Etat Islamique pourrait dans les mois qui viennent ne plus administrer de grandes villes.

L’Etat Islamique aurait perdu entre 30 % et 50 % de son territoire par rapport à 2014, selon les experts. Mais perdre son territoire ne signifie pas perdre son pouvoir de nuisance, ni sa force de frappe.

Autres intervenants lors du débat :

– Général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire auprès de l’ONU.
– Régis le Sommier, Directeur adjoint de la rédaction de Paris Match.
Livre : Daech l’histoire, paru aux Editions de la Martinière, paru le 3 mars 2016
– Agnès Levallois, maître de conférences à Sciences Po et spécialiste du monde arabe
Livre :  » Qatar : jusqu’où ? « , de la revue Confluences, éditions L’Harmattan, 2013