Surpopulation carcérale : non à l’affaiblissement des sanctions !

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Retrouvez ci-dessous mon intervention à la tribune de l’Assemblée nationale, lors du débat du 19 mars au sujet des moyens de lutte contre la surpopulation carcérale.

Retrouvez ici le texte de mon intervention : Surpopulation carcérale

Retrouvez ici le rapport sur les moyens de lutte contre la surpopulation carcérale : Rapport prisons

Il y a des problèmes de principe dans le rapport sur les prisons. Le gouvernement considère que le seul moyen de traiter la surpopulation carcérale est de diminuer le « flux entrant ». Pour cela, il veut affaiblir les sanctions.

Plusieurs propositions du rapport visent donc à dépénaliser un certain nombre d’actes, ce qui n’est pas sans poser problème ! Cela revient à limiter les conséquences d’un certain nombre de fautes objectivement graves, non seulement pour ceux qui les commettent, mais également pour l’ensemble du corps social. Cette décision est injuste pour les victimes et aura un effet sur la surpopulation carcérale !

Tout le monde peut s’accorder sur le fait que la brutalité et la violence prennent une part de plus en plus importante dans notre société. Ce phénomène nous oblige à nous poser la question du fonctionnement de la justice et de la nécessité de la réparation. Pour les victimes aussi, il faut que les coupables soient sanctionnés.

Cette volonté d’affaiblir les sanctions se retrouve dans la fameuse proposition de loi d’amnistie votée par le Sénat il y a quelques jours, qui déclarent que « Sont amnistiés de droit  les contraventions et les délits prévus au livre III du code pénal », c’est-à-dire les différents types de vol, l’extorsion, le chantage, l’escroquerie, l’abus de confiance… On amnistie donc de plein droit des fautes qui n’ont rien à voir avec un mouvement social ! L’adoption d’un pareil texte par une assemblée parlementaire conforte le sentiment d’affaiblissement général des sanctions dans le but de diminuer la population carcérale.

Au fond, trois problèmes doivent être traités : il y a d’abord celui de l’investissement pour la rénovation et la construction de bâtiments. Ensuite, celui de la politique pénale : qui doit aller en prison, pourquoi l’incarcération est-elle parfois nécessaire, voire juste du point de vue des victimes ? Enfin, et surtout, le problème du changement culturel, posé à l’ensemble de notre société, sur le sens de la peine, de la dignité, inamissible, des personnes et de la réinsertion tout court.

Dans une société où la violence s’accroît de toutes parts, il me semble que l’un des remèdes est un accroissement du nombre de places disponibles dans le parc pénitentiaire.

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